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Combien consomment les vaches ? Une question de NDF

mercredi 15 septembre 2010, par Gentesse Nathalie, M.Sc., agr.

Quel sujet terne que la consommation de matière sèche des vaches, me direz-vous. Pourtant, il faut réaliser que la productivité des vaches laitières n’est pas principalement limitée par le choix du supplément protéique ou de la source de grains. Elle est d’abord déterminée par la quantité de ration qu’elles peuvent ingérer et digérer. Un des moyens les plus efficaces pour augmenter l’apport énergétique aux vaches est de stimuler leur consommation volontaire de matière sèche (CVMS).

Trop de NDF ou pas assez ?

C’est le contenu en NDF des fourrages qui prédit le mieux la CVMS des ruminants. Plus les fourrages sont riches en fibres, moins leur potentiel de consommation est bon. Prenons l’exemple d’une ration qui contiendrait un ensilage d’herbe mature à 60 % de NDF. Si on le remplace par un fourrage plus jeune à 40 % de NDF, la quantité ingérée par les vaches augmentera significativement. Le contenu ruminal est alors digéré plus facilement. Les nutriments sont alors plus accessibles pour les bactéries, ce qui accélère le taux de passage des aliments et améliore la CVMS et la production de lait.

Par contre, si la ration contient des aliments très peu fibreux, tel un fourrage d’excellente qualité, en même temps qu’un apport élevé de concentrés, le faible niveau de NDF dans la ration pourra entraîner une baisse de consommation. Cela s’explique par le fait qu’une ration pauvre en NDF et riche en grains entraîne une fermentation rapide et une production abondante d’acides gras volatils. Dans ce cas, la production d’acide dépasse la capacité d’absorption du rumen, causant une chute du pH ruminal. Les bactéries fibrolytiques sont alors pénalisées par le milieu acide du rumen et ralentissent leur travail, provoquant une baisse de l’appétit de la vache.

Le rumen nécessite donc un apport équilibré en fibre NDF. Des fourrages trop fibreux limitent la consommation de la vache par un effet de remplissage du rumen, en plus d’être moins digestibles et de fournir moins d’énergie. Une ration déficiente en NDF crée une surcharge énergétique ruminale entraînant l’acidose, ce qui pénalisera la production de gras dans le lait et la CVMS.

Quels types d’aliments fibreux ?

La longueur de la fibre des fourrages influence particulièrement la consommation des vaches lorsqu’ils sont très fibreux ou matures. Dans ce cas, c’est le remplissage du rumen qui limite l’ingestion. Le hachage des fourrages augmentera la capacité de manger de la vache. Plusieurs producteurs qui récoltent leurs fourrages en balles rondes ou en grosses balles carrées ont fait l’expérience de cette hausse de l’appétit, que les fourrages soient récoltés jeunes ou matures.

L’utilisation de sources de fibres non-fourragères comme la pulpe de betterave et l’écale de soya influence également la CVMS des vaches. Toutefois, l’effet de ces fibres de faible dimension est moins régulier que celle des fibres provenant des fourrages. On note, par exemple, que lorsqu’on introduit une source de fibres non-fourragères en remplacement de fourrages matures et peu nutritifs, la consommation de la vache augmente. Par contre, lorsqu’on remplace du grain, la consommation diminue légèrement parce que l’effet de remplissage du rumen est plus grand.

En pratique, la quantité de matière sèche consommée par la vache dépend du nombre et de la durée des repas. Plusieurs facteurs, allant de la fibre au gras ajouté dans la ration, en passant par la protéine et l’amidon vont aussi affecter le fonctionnement du rumen et entraîner des variations de consommation.